Khiva est l’un des joyaux de l’ancien Khorezm, grande civilisation née dans le cours inférieur de l’Amou-Daria. Sa ville intérieure, Itchan Kala, forme un remarquable musée à ciel ouvert composé d’ensembles architecturaux et de monuments ornés de majoliques. La plupart des visites se concentrent dans cette cité fortifiée et à ses abords immédiats.
Une enceinte d’argile longue de plus de deux kilomètres et épaisse de cinq à six mètres entoure Itchan Kala. Quatre portes permettent d’y accéder: Ata Darvaza à l’ouest, encadrée de deux tours de brique; Bagcha Darvaza en direction d’Ourguentch; Palvan Darvaza vers l’Amou-Daria et l’est; et Tach Darvaza au sud.
Le complexe Islam Khodja, achevé au début du XXe siècle, réunit l’une des plus petites médersas de Khiva et son plus haut minaret. Les artisans voulaient bâtir une tour visible de loin par les voyageurs approchant de la ville. Sa silhouette élancée reprend les anciennes traditions architecturales des minarets d’Asie centrale.
Près du tombeau de Pahlavan Mahmoud se dresse la khanqah surmontée du seul grand dôme bleu de Khiva. Poète et lutteur du XIVe siècle, Pahlavan Mahmoud est devenu un héros populaire dont la force et le courage ont nourri de nombreuses légendes. Des vers qui lui sont attribués ornent les murs en majolique du mausolée.
Face au caravansérail, le palais Tach Khaouli fut édifié pour Allakouli Khan dans les années 1830. Il comprend plusieurs espaces destinés à la famille souveraine: salle de réception, cour des divertissements et harem. L’ensemble est abondamment décoré de carreaux de céramique, de pierre sculptée et de ganch, un plâtre finement ciselé.
Certaines pièces intérieures ont été peu restaurées. Les visiteurs parcourent un dédale de galeries et de couloirs sombres avant de découvrir les décors des mosquées et des appartements du palais.
Kalta Minor attire immédiatement le regard par sa silhouette massive et inachevée. Muhammad Amin Khan lança sa construction au milieu du XIXe siècle, à proximité de la grande médersa qui porte son nom. Le minaret devait dépasser toutes les tours du Khorezm, mais le projet fut abandonné avant son achèvement, donnant au monument son profil unique.
La mosquée Juma diffère profondément des autres mosquées d’Asie centrale. Elle conserve le plan des anciennes mosquées hypostyles du monde islamique. Construite à l’origine au Xe siècle puis remaniée à plusieurs reprises, elle possède 218 colonnes en bois sculpté soutenant son toit. Leurs motifs témoignent de différentes époques et traditions artistiques. Dans la pénombre de cette vaste salle, les rangées de colonnes créent une atmosphère saisissante.
