Mosquée Djuma

La grande mosquée du vendredi d’Itchan-Kala est célèbre pour sa forêt de colonnes en bois sculpté et son extraordinaire lumière filtrée.

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Mosquée Djuma

Mosquée Djuma: l’intérieur paisible qui transforme la perception de Khiva

À l’extérieur, Khiva est une ville de silhouettes. Dans la mosquée Djuma, elle devient ombre, bois et lumière filtrée. Ce contraste rend l’étape essentielle. De nombreux monuments d’Itchan-Kala impressionnent avant même l’entrée; ici, la véritable puissance commence lorsque l’on franchit le seuil et que les yeux s’habituent.

Située sur l’axe entre Palvan Darvoza et Ata Darvoza, la mosquée se trouve au cœur des mouvements de la vieille ville. Pourtant, son intérieur semble presque détaché des rues. Vaste et bas, il repose sur une dense forêt de colonnes en bois qui crée l’une des atmosphères les plus mémorables d’Ouzbékistan.

Intérieur de la mosquée Djuma
Intérieur de la mosquée Djuma

Ce qui distingue la mosquée Djuma

Parmi les nombreux monuments de Khiva, elle est unique parce qu’elle ne s’organise ni autour d’un portail gigantesque, ni d’une haute coupole, ni d’une cour théâtrale, mais autour d’un rythme intérieur. Plafond plat, rangées de colonnes et lumière venue des ouvertures supérieures composent une ambiance presque méditative.

La forme actuelle date généralement du XVIIIe siècle, mais le bâtiment conserve des traditions beaucoup plus anciennes. Il appartient par son esprit au type des mosquées hypostyles des débuts de l’architecture islamique, ce qui est inhabituel en Asie centrale. Les visiteurs sentent rapidement que l’espace suit ses propres règles.

La forêt de colonnes

La mosquée compte environ deux cents colonnes en bois, de différentes époques. Certaines remontent aux XVIIIe et XIXe siècles, tandis que d’autres sont probablement des remplois de bâtiments antérieurs. Plusieurs seraient datées des Xe au XIIe siècles et portent inscriptions sculptées et motifs décoratifs liés à une mémoire architecturale bien plus ancienne.

Cette diversité fait de Djuma un monument accumulé plutôt que figé en une année précise. Certaines colonnes sont minces, d’autres plus lourdes ou finement sculptées. En ralentissant, la salle apparaît comme une véritable archive en bois de Khiva.

Colonnes de la mosquée du vendredi
Colonnes de la mosquée du vendredi

Lumière, silence et atmosphère

Les ouvertures du plafond sont simples, mais accomplissent l’essentiel du travail émotionnel. La lumière descend en faisceaux, souligne certaines colonnes et en laisse d’autres dans l’ombre. Selon l’heure, l’espace devient discrètement théâtral ou presque monastique.

Voilà pourquoi la mosquée reste parfois plus longtemps en mémoire que des lieux plus spectaculaires. On ne se contente pas de la voir: il faut s’y adapter, ce qui impose un rythme plus lent.

Place dans un itinéraire à Khiva

La mosquée appartient à toute bonne promenade dans Itchan-Kala. Elle offre un contraste idéal avec les monuments ouverts et lumineux comme Kalta Minor, Kounya-Ark, Islam Khodja ou le complexe Pahlavan Mahmoud. Après les tours et les façades éclatantes, elle rafraîchit le parcours visuellement et émotionnellement.

Associez-la au minaret de Djuma: l’un aide à lire la ville de l’extérieur, l’autre invite dans son atmosphère intérieure la plus contemplative.

Meilleur moment

Le début de matinée offre calme et concentration. La fin de matinée et l’après-midi sont également remarquables lorsque les faisceaux lumineux se déplacent davantage sur la grille de bois. Contrairement aux monuments valorisés par la lumière extérieure, celui-ci évolue de l’intérieur.

En conclusion

La mosquée Djuma prouve que Khiva dépasse sa belle silhouette. Elle révèle une civilisation intérieure faite de bois sculpté, de lumière mesurée et d’intelligence architecturale silencieuse. Pour ralentir le voyage de la meilleure façon, c’est l’étape idéale.