Sud du Karakalpakstan
La rive droite de l’Amou-Daria, aujourd’hui appelée sud du Karakalpakstan, formait une oasis prospère durant la première moitié du Ier millénaire avant notre ère. Ses villes et son réseau d’irrigation complexe se développèrent sous les souverains du Khorezm antique, dont l’État contrôla pendant des siècles les branches septentrionales de la Route de la soie. Le Khorezm possédait son propre calendrier, traditionnellement associé à l’avènement de la dynastie des Siyavouchides au XIIIe siècle av. J.-C., ainsi qu’une tradition écrite attestée vers les Ve–IVe siècles av. J.-C.
Au milieu du VIe siècle av. J.-C., le Khorezm passa sous la domination de l’Empire perse achéménide. Il retrouva son indépendance sous les Siyavouchides au milieu du IVe siècle av. J.-C. En 328 av. J.-C., le roi Farasman envoya une ambassade à Alexandre le Grand. À Akchakhan Kala, une cité de 42 hectares, les archéologues ont mis au jour les vestiges d’une capitale khorezmienne des Ve–IIe siècles av. J.-C., dont un palais royal orné d’une galerie de portraits de souverains.
Dans la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C., la dynastie des Yuezhi prit le pouvoir. Sa grande résidence royale occupait Toprak Kala, vaste complexe des IIe–IIIe siècles de notre ère. À partir du début du IVe siècle, les Afrighides gouvernèrent le Khorezm depuis Kyat, près de l’actuelle Berouni. Après la conquête arabe au VIIIe siècle, la région intégra le monde islamique.
Les changements environnementaux liés aux cycles de la mer d’Aral et aux déplacements du cours de l’Amou-Daria fragilisèrent progressivement l’ancien réseau d’irrigation. Entre les XIIe et XIVe siècles, les canaux s’asséchèrent, les établissements furent abandonnés et le désert reconquit l’oasis. Les ruines monumentales de villes, châteaux et résidences fortifiées témoignent aujourd’hui de l’ampleur de cette civilisation disparue.
Les principaux sites archéologiques se visitent par la route depuis Noukous, Berouni, Boustane ou Khiva. Les distances, la chaleur estivale et l’exposition au désert rendent indispensables un véhicule, de l’eau potable et, idéalement, un guide local. Le printemps et l’automne offrent les conditions les plus agréables. Les cartes d’activités ci-dessous donnent accès aux pages détaillées de huit monuments majeurs.
